Plaisirs à l’italienne!

Pour cette première chronique, je vous propose ici une belle série de rencontres avec des producteurs majeurs de l’Italie.

Zonin

Il était une fois une maison du Veneto qui a décidé de s’implanter au Chili, après avoir développé dans son propre pays (Frioul, Lombardie, Piémont, Sicile, Pouilles et Toscane) ainsi qu’en Virginie, aux USA. Il s’agit de l’excellente maison ZONIN qui travaille très sérieusement depuis sa création en 1821. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés au Restaurant La Chronique (presque ma cantine et une des meilleures adresses à Montréal) à découvrir les excellentes cuvées de Dos Almas (Deux âmes), un nom qui n’est pas pour me déplaire… et qui allie les traditions et le savoir-faire italien à l’environnement de Maïpo, Colchagua et  Casablanca au Chili. Beaucoup d’échanges et de plaisirs partagés avec Lorenzo Zonin et son responsable Chilien Eduardo Caballero. Surveillez l’arrivée de ces vins à découvrir absolument, dont le délicieux sauvignon.

En attendant, les amateurs de bulles légères se feront plaisir avec le Prosecco di Conegliano, Cuvée 1821, Famiglia Zonin et ses notes florales et fruitées (15,70$). Et pour accompagner une bonne viande rouge, le Valpolicella Ripasso Superiore élaboré à partir d’un excellent terroir de la vallée, avec le fameux trio de cépages composé de corvina (70%), rondinella (20%) et molinara. Le résultat: un vin rouge musclé, généreux et charnu (18,90$). Enfin, toujours avec Zonin, direction la Toscane avec le Toscana Oso tout en fruit (15,80$), le Chianti Classico 2015 charnu et droit dans ses bottes (20,00$, et le Chianti Classico Riserva 2013, savoureux, plus complexe et bien charpenté (24,95$), tous les trois du Castello d’Albola.

FB: Vins, bulles & plaisirs | Insta: @vinsbullesetplaisirs



Isole e Olena

Difficile pour moi de ne pas vous parler de la superbe verticale de Cepparello, de 2010 à 2004, de mon ami Paolo De Marchi, organisée par son agent officiel Daniel Lavergne. Le propriétaire du domaine toscan Isole e Olena, installé à Barberino Val d’Elsa en Toscane, est un des vignerons les plus en vue de la région, même s’il est originaire du Piémont, où son fils Luca exploite à son tour le vignoble familial à Lessona. On peut d’ailleurs surveiller à la SAQ l’original Coste della Sesia Uvaggio 2014, un vin aromatique et d’une grande longueur à base de nebbiolo (85%), avec en plus les cépages vespolina et croatina (41,75$). Pour en revenir à la Toscane et au bon vieux sangiovese, les magnifiques cuvées de Cepparello 2015, 2013 et 2012 sont disponibles (entre 106,00 et 92,00$), mais aussi le Chianti Classico 2015, toujours impeccable (34,75$). Il le sera d’autant plus pour le temps des Fêtes!

FB: La Céleste Levure  |  Insta: @LCLpassionduvin


Castello del Terriccio

C’est à l’excellent restaurant Pagliaccio, sur Laurier Ouest à Montréal, que l’ami Moreno de Marchi nous conviait à une dégustation des grandes cuvées du domaine toscan Castello del Terriccio, situé près de Castellina Marittima, à l’ouest de Volterra. En compagnie de Bettina Bertheau, responsable de l’export à l’international, nous avons pu apprécier le Tassinaia, le Castello et le Lupicaia, vins difficiles à se procurer tant ils sont attendus par les amateurs avertis. Le Castello del Terriccio est un assemblage peu conventionnel dans lequel domine la syrah, avec en complément le mourvèdre et le petit verdot. Très belle robe encore profonde et intense dans le 2010, avec de belles notes poivrées et une très bonne structure tannique. Le 2009 se présentait avec la même finesse mais encore plus charpenté. Le Lupicaia est issu du cabernet sauvignon principalement et du petit verdot. Imposants mais non dénués de finesse, les 2010 et 2009 (avec du merlot) que nous avons goûtés étaient expressifs avec au nez comme en bouche des notes de mûres bien mûres… Tanins de velours et très bel équilibre acidité-tanins-moelleux pour ces vins d’une grande persistance, mais pas donnés.Le Tassinaia 2014, un duo cabernet sauvignon et merlot excellent, certes beaucoup plus abordable, se présente sous une belle robe chatoyante. Moyennement expressif (j’ai trouvé de belles notes de réglisse à l’aération), avec son acidité prononcée et ses tanins encore présents, il pourra se faire désirer avant de vous satisfaire complètement. Un bon investissement à 52,50$! L’Enoteca di Moreno

Tw: @MorenoEnoteca


Sassicaia

Grand plaisir que de retrouver Chez Graziella (un des meilleurs restaurants en ville) nulle autre que Priscilla, la fille de Nicolo Incisa della Rochetta, le fondateur et toujours propriétaire du célèbre SASSICAIA, en appellation Bolgheri. Dans un français impeccable, elle nous a fait redécouvrir ce qui fait la magie de ce vin qui vient d’être considéré à nouveau par certains le plus grand de l’Italie. De grâce, dites bien Sassicaia (qui fait référence à une terre de roches) et non SassiSSScaia comme on l’entend encore à tort ici et là. Il n’y a pas de S au milieu….

Bon, ceci dit, il est bon de savoir que le Marquis della Rochetta a commencé à planter ses vignes en 1944, convaincu du potentiel du cabernet sauvignon dans ce coin de Toscane, près de la mer, sur des sols de graves comme on en trouve à Bordeaux. L’arrivée du cépage girondin a évidemment changé la donne dans cette région plus habituée au sangiovese. La propriété est immense avec 2 700 hectares (un cinquième de tout le vignoble alsacien), mais une faible partie, environ 100 hectares, est consacrée à la vigne.

Nous avons goûté quatre millésimes du grand vin élaboré avec le cabernet sauvignon (85%) et cabernet franc. Le 2008, un peu évolué, offrait de belles notes de torréfaction. Le 2010, aux arômes tertiaires, naviguait entre les saveurs confiturées, les épices et la réglisse. Le 2013, encore très jeune, avec les épices douces en bouche et des tanins super enrobés, était simplement délicieux. Quant au 2015, on devinait tout le potentiel de plaisir, de finesse, de race et de subtilité qu’un grand cru peut offrir.

Si vous ne voulez pas mettre plus de 220 dollars dans un flacon, prix toutefois mérité étant donné son statut national et international, vous pouvez vous procurer le Guidalberto 2016 (cabernet sauvignon 60% + merlot), un vin assez massif et tannique mais d’une bonne fraîcheur (60,50$), et surtout, surtout, ne boudez pas votre plaisir en achetant Le Difese 2016 (70% de cabernet sauvignon et sangiovese), un autre IGT Toscana, d’une belle texture fruitée et doté de tanins soyeux (34,75$).

www.Sylvestre.ca

N’oubliez pas que l’on se trompe rarement en achetant les «entrées de gamme» des maisons les plus réputées!

Jacques Orhon

À propos de l'auteur / Jacques Orhon

Sommelier et fondateur de l’Association canadienne des sommeliers professionnels. Expert en dégustation et véritable globe-trotter du vin, il parcourt depuis plus de 40 ans les vignobles du monde. Ses ouvrages ont maintes fois été récompensés, notamment, Le vin snob, du prix en littérature de l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin.

Un commentaire

On veut vous entendre :)