Y en a qui disent…

«Comment se fait-il qu’on trouve subitement des centaines de millions pour restaurer Notre-Dame de Paris, alors qu’il y a des gens dans le besoin? »

Pour une minute, cette réflexion m’a déstabilisée. Effectivement on manque d’argent pour les nombreuses réclamations de la rue alors qu’en une nuit, les fonds amassés pour rebâtir la cathédrale sont énormes.

La minute suivante, je suis tombée sur un chiffre : 14 millions de touristes visitent ce site chaque année. Combien de revenus pensez-vous que ces foules génèrent? Faut-il économiser sur les futurs travaux et distribuer cet argent (one shot deal) ou bien préserver les emplois existants?

La minute d’après, j’ai visualisé cette fourmilière qui allait s’affairer sur le chantier. Il va falloir embaucher des ouvriers, des manœuvres, des opérateurs de machinerie, que sais-je? Bref, beaucoup de ceux qui réclament du travail. Et des artisans aussi.

Et ainsi, de minute en minute, je me suis convaincue du bien-fondé de sauver Notre-Dame.      

Vous remarquerez que je n’ai pas évoqué le patrimoine mondial de l’humanité, ni le magnifique projet rassembleur, encore moins la valeur du chef-d’œuvre, puisque ces deux notions – valeur et chef-d’œuvre – passent moins bien ces jours derniers que les mots prix et marchandise.

Vous noterez que je ne suis pas tombée dans le pathos en vous disant pourquoi, aujourd’hui 16 avril 2019,  les cloches de France ont sonné, ni pourquoi j’ai pleuré.

Annie Depont

À propos de l'auteur / Annie Depont

Parisienne installée au Québec depuis 2000. Peintre, Agente d’artistes, Organisatrice d’événements, Créatrice de l’En Verre du décor et céramiques, Les Sculpturales de Saint-Sauveur, Expo-culture Japon Québec, les Sainte-Saveurs de Saint-Sauveur, TracesMagazine, Directrice de La Semaine des Artisans de Laval. Journaliste très indépendante.

Facebook Instagram

On veut vous entendre :)