Ce n’est pas un scandale

C’est avec grand intérêt que j’ai lu l’article de M.Llavador. Aussi, dans un esprit de débat, je tiens à apporter quelques éléments à ce qui a été dit. Étant donné que le titre est une question, je me sens interpellé et j’ai envie de remettre certaines pendules à l’heure. Le sujet est vaste et complexe, il ne saurait se satisfaire d’une réponse courte.

D’abord, la Jamais Contente. Bien sûr, la première voiture à dépasser cent kilomètres par heure. Fait à noter elle était électrique. Bon. Mais elle s’appelait Jamais Contente parce qu’elle était très peu fiable. Et si elle atteignait le cent, ce n’était pas une vitesse de croisière. Dire que rien n’a été fait pour la voiture électrique en cent ans revient à dire qu’il n’y a plus de bonne musique passé 1970. Dans les années 1990, la General Motors proposait à travers la division Saturn la EV1, un modèle tout électrique, vendu en 1997 donc créé et testé bien avant. Il y avait aussi dans la même décennie le moteur-roue d’Hydro-Québec, un moteur qui comme son nom l’indique, faisait partie de la roue, et dont les brevets ont été achetés par des intérêts pétroliers.

Il y a aussi à comparer entre une Tesla, bien que je n’apprécie pas du tout l’hypocrisie de cette entreprise, et la jamais contente qui était une espèce de fusée sur roues, une monoplace sans toit et sans parebrise. Donc pour emmener les enfants à l’école, on repassera. Ces voitures sont capables de vitesse immensément plus grande que la Jamais Contente. Il est à souligner également que le domaine de l’aéronautique a largement profité des guerres. Si on met toutes les ressources d’un pays à un seul escient, il est possible de faire des progrès spectaculaires en peu de temps. D’ailleurs, l’arrêt de ces guerres nous laisse sans aucune avancée significative depuis la fin de la guerre froide, au bas mot on améliore ce qui existe déjà.

La question qui reste est : mais pourquoi donc avons-nous développé la voiture à essence au lieu de celle électrique, quelle infamie! Je crois qu’il est à propos de se remettre dans le contexte de l’époque. Les données nous proposent 1,8 milliard d’êtres humains. Je ne sais même pas si le mot pollution existait à cette époque. Ce qui existait par contre, c’est la faiblesse du réseau électrique très restreint du début du siècle et la difficulté à entreposer cette énergie dans des batteries dont la performance était médiocre, au mieux. L’énergie pétrolière qui je le rappelle ne causait pas de problème de pollution à ce moment-là, était beaucoup plus prometteuse. Si on compare le niveau d’énergie contenue dans un litre d’essence, il y a bien peu de choses qui s’en approchent au rang d’énergie par masse volumique. On ajoute à ça un prix dérisoire, une facilité à la stocker et on a un carburant d’avenir. Évidemment, avec le temps et tous les changements que le XXe siècle a connus, il est apparu quelques défauts à cette énergie. Pas facile de prévoir cinq fois plus d’êtres humains en un siècle.

L’énergie électrique a aussi ses défauts. Elle a un coût social assez élevé. Ici l’électricité n’est pas produite avec les gaz de schiste comme chez nos archaïques voisins, mais de penser que l’hydroélectricité est entièrement verte consiste à vivre avec de jolies lunettes roses. Harnacher une rivière cause énormément de perturbations écologiques sur le long terme. Déforestation, vol de territoires aux autochtones, inondation forcée. Ici je ne parle même pas du mercure dans le poisson et de la destruction de milieux de vie d’espèces parfois en voie d’extinction.  

Les alternatives existent j’en conviens. Nous sommes confrontés à des lobbys plus puissants que le gouvernement. Un manque de volonté politique. De la résistance au changement. Il faut reconnaître que nous faisons partie du problème.

J’aimerais pour terminer proposer des pistes de solutions. Obliger les compagnies à limiter le gaspillage. De généreux crédits d’impôt à ceux qui utilisent des plastiques recyclés. Mettre en place une consigne pour la majorité du plastique. Devenir un chef de file en matière de recyclage et de récupération. Obliger tous les supermarchés à vendre en vrac. Obliger les compagnies à décentraliser, c’est-à-dire à avoir des bureaux satellites en banlieue.

Pour la touche finale, je veux proposer ce documentaire au sujet du harnachement des rivières.

Léo Pineda

À propos de l'auteur / Léo Pineda

Étudiant, Léo est curieux et vif d’esprit. Ses centres d’intérêt sont nombreux. Sport, mécanique, informatique, littérature et cinéma, politique et sociologie, pour ne nommer que ceux-là. Il a une vue panoramique du monde dans lequel nous vivons. «J’apprends à composer avec la vie qui m’a été donnée.» dit-il.

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Un commentaire

  • Je n’ai jamais prétendu que la Jamais Contente était mieux que la Tesla! Je ne les mets pas sur le même plan: je voulais simplement attirer l’attention du lecteur sur le fait qu’en un siècle, la technologie n’avait pas bougé. Contrairement à l’aéronautique. Je regrettais que la capacité de recherche et d’application industrielle avaient été énormes pour l’aéronautique, et que volontairement on avait étouffé la voiture électrique. Dire que la Jamais Contente n’est pas bonne pour emporter les enfants à l’école n’est pas pertinent. Je disais que c’était l’alpha de la question. En fait toute votre réponse se méprend sur ma volonté d’illustrer ce fait, cette forfaiture de l’industrie, qui a développé une filière et bloqué une autre.
    Et c’est aussi valable pour le solaire. Je prétends, j’affirme qu’une certaine partie de l’industrie mondiale a freiné et bloqué la recherche des économies d’énergie car ça n’intéressait personne d’une part, et d’autre part ça tombait bien car la filière pétrolière a pu s’épanouir sans réserves. Si je puis dire…

On veut vous entendre :)