Patientez, il arrive!

Patrice Llavador

(extrait)

Un lecteur de Traces m’a un jour suggéré que les nouveaux modes de communication engendraient des polémistes de tout acabit, comme si les discussions qu’individuellement nous pouvions avoir, ces discussions que l’on appelle « du café du commerce », nous autorisaient à porter bien haut la voix et à répandre ainsi une parole que l’on croit bonne ou au moins originale, suffisamment pour qu’on l’exporte. Comme si cette voix n’était couverte par aucune autre, comme si cette opinion, parce qu’elle était publiée sur les réseaux, avait la même résonance que celle des grands polémistes. Mais n’est pas Foglia, Martineau ou Philippe Muray qui veut, et ça n’est pas parce qu’un jour notre propos est accessible à des milliards de vues sur l’internet, qu’il est effectivement partagé, et que pour autant notre opinion vaut soudainement un milliard de fois celle du voisin.

Ce lecteur et critique de Traces, que je soupçonne d’être un universitaire, n’avait pas tort. Quiconque essaye de porter la voix, quiconque tente de se frayer un chemin dans le monde foisonnant de l’opinion doit faire très attention à ne pas prêter le flanc à l’équivoque, à la provocation, et tenter d’avoir un avis qui soit étayé par des observations sensées. Il y a donc des opinions qui sont des dénonciations fulgurantes du polémiste qui fait ainsi la lumière sur une situation selon un angle qui lui est propre, et qui donne à l’objet dénoncé une forme étonnamment différente de celle qu’on a l’habitude de voir.  

Patrice G. Llavador

À propos de l'auteur / Patrice G. Llavador

A travaillé et voyagé un peu partout dans le monde. Chroniqueur vedette de notre magazine depuis de nombreuses années, il a su insuffler dans TRACES une dynamique forte et proposer un débat intelligent. Ce qui m’énerve chez lui, c’est qu’il connaît tout sur tout et ce n’est pas feint. -AD

On veut vous entendre :)