Mon ami le peintre

J’ai un ami peintre. Il a osé se lancer. Sans filet et en plein cœur d’une carrière de graphiste bien remplie. Sa passion est devenue la plus forte. Le sens à donner à son quotidien. Il a senti la vague venir. S’y est abandonné. A ouvert les bras comme on accueille le soleil au printemps : yeux fermés, nez en l’air, paumes vers le ciel. Depuis, il explore les lignes, les courbes, les textures, les trajectoires de la couleur, les regards, les contrastes et les superpositions.

Mon ami, Steve Young, n’a pas toujours été peintre à plein temps. Avant 2012, il résistait à l’appel persistant de la création. Utilisant son métier comme bouclier pour se protéger du flou d’une carrière artistique, il remettait à plus tard ses idées colorées. Jusqu’au jour de 1996 où on l’invite au Japon pour participer à un grand projet d’illustrations qui durera cinq semaines. Il se délecte alors de chaque instant de cette aventure dans ce pays qui lui apprendra la rigueur, les couleurs franches et… la liberté de transformer ses dessins en œuvre d’art.

De retour au pays, il apprivoise l’acrylique et peint ses premières toiles. Steve s’active alors à collectionner les temps libres pour se laisser couler dans ses sources d’inspiration : l’abstrait et les formes féminines. La magie opère. Il a trouvé un filon, abstrait et figuratif, qui nourrit son imaginaire à l’infini. D’abord, un tableau grand format. Puis, un fond abstrait, texturé, coloré, éclatant. Un fond qui, en plus des couleurs, porte parfois comme un bijou des insertions métalliques, des pages d’un livre écrit en latin, des feuilles d’acier ou du papier peint à motifs. Enfin, en haut contraste, une femme. Forme noire épurée, toujours différente, qui attire le regard. Inévitablement.

Plus Steve Young s’amuse avec ses pinceaux, plus il a du mal à maintenir en place son bouclier de designer graphiste. Mais en fervent amateur de voile, il garde le cap sur sa formule graphiste de métier- peintre des temps libres. Puis en 2012, une vague d’amour le prend de court. Des galéristes sont charmés. Un dans l’Outaouais, deux à Montréal, un à Québec et un dans Charlevoix. Mieux. Des clients achètent des Young. Il ne fait ni une, ni deux. Ose enfin laisser la créativité prendre toute la place. Et il se lance. Corps et âme.

Depuis, mon ami Steve peint. Dans ses œuvres, il cherche l’équilibre, les émotions, se laisse prendre par la surprise, bercer par la beauté. « La femme est ce qu’il y a de mieux pour exprimer la beauté du monde. », m’a-t-il dit il y a quelques jours. Facile de le croire sur parole lorsque l’on contemple sa collection de tableaux célébrant la femme. J’y crois tellement d’ailleurs que chacune des pièces de ma maison expose un Young. J’ai un ami qui a osé vivre de son art. Et je lui dis merci.

Pour découvrir l’artiste, sa démarche et certaines de ses œuvres: steveyoung-art.com

Marie-France Gaumont

À propos de l'auteur / Marie-France Gaumont

Passionnée par le monde fabuleux de la communication, je m’y réinvente avec fougue et curiosité depuis toujours. Dans cet univers vibrant, j’aime raconter des histoires, créer des déséquilibres et imaginer des possibilités. On me compare souvent à un caméléon. J'aime capter les nuances des lieux, absorber les couleurs des gens et mémoriser les vibrations des mots.

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