Voler

Steal like an artist…livre d’Austin Kleon, à voir le titre on pourrait croire qu’il fait la promotion du plagiat, mais la réalité est tout le contraire.

Comment peut-on créer sans référence, influence ou souvenir? On ne se réveille pas un matin entouré d’une bulle de créativité ou couronné d’une intervention divine. Non au cours des ans j’ai volé ce qui me plaisait et rangé précieusement dans mes souvenirs.

J’ai volé Rothko, plusieurs ne comprennent pas pourquoi ses toiles se vendent à des prix de fou, pour deux bandes de couleur. Sauf que lorsque je regarde des toiles de ce genre je vois du calme, de la tranquillité, j’y vois l’horizon, j’y vois le début d’une toile, mais Rothko ne me suffit pas.

J’ai volé Braque, j’ai piqué ses teintes, pourquoi lui et pas un autre, parce qu’encore une fois c’est calme. J’ai pris de lui aussi des carrés, des formes simples, mais j’ai rejeté le trop-plein pour moi Braque est trop de formes.

J’ai volé un grand nombre d’artisans japonais, au fait j’emprunte la philosophie du wabi sabi, le gros zen. J’ai dérobé à ce peuple un principe esthétique qui est leur identité.

J’ai volé les mots de la chanson Pearls…du moins les sentiments qu’ils ont suscité en moi…«there was a lady in Somalia, she is dying under the sun, etc.» les silhouettes que je peins sont ces femmes, les soleils, les paysages vides, des souvenirs d’une chanson.

De ces vols je n’ai gardé que l’essentiel, un souvenir, une sensation. Merci à tous les artistes qui sont venus avant moi. Merci de m’avoir permis de comprendre ce que l’art représente à mes yeux. Merci de m’avoir guidée.

Michelle Thibault

À propos de l'auteur / Michelle Thibault

Artiste plasticienne, j’utilise l’encaustique pour donner forme à mes toiles. Le concept esthétique du wabi sabi est ma source d’inspiration. Je vois la beauté dans l’imperfection, l’usure devient un doux souvenir et la simplicité est quiétude. Je suis wabi sabi.

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