Botox ou intox ?

Quand les minorités invisibles s’attaquent aux minorités très très en vue.

Friqués, comme par hasard, les mecs accusés d’agression sexuelle sur la place publique. Ils ne sont pas tous des enfants de chœur et les pussy-cats au rencart tout à coup se souviennent qu’ils se sont imposés. Plus de rencards, alors elles deviennent agressives. Frustration et vengeance donnent des rides et le lifting de la moralité est raté aussi souvent que celui du visage.

Ces travailleuses du sexe d’un nouveau genre sortent les dossiers. Quand on n’a pas eu ses quinze minutes de gloire comme tout le monde, on se rabat sur ce qu’on peut Il y a trente ans, je l’ai laissé entrer chez moi après une soirée bien arrosée et voici ce qui s’est passé…faut-il être cruche!

Andy Warhol l’avait prédit en 1968 : «À l’avenir, chacun aura droit à 15 minutes de célébrité mondiale» –  et si ce droit ne vient pas tout seul, on saura le provoquer.

D’abord mettons-nous d’accord sur le terme agression sexuelle, souvent confondu avec le mot viol. Il est invraisemblable qu’une femme se fasse violer sans s’être fait assommer d’une manière ou d’une autre (drogue ou coups). Là on parle de crime. « De guerre lasse avec regrets car ça n’a pas donné l’effet attendu » ne peut faire l’objet d’une accusation criminelle.

Des obsédés sexuels, il y en a toujours eu et il y en aura toujours, ce n’est pas une raison pour se sentir agressée à la moindre œillade. On est rendu que les hommes ne savent plus draguer correctement. C’est soit rien, par peur des représailles, soit des grossièretés par manque d’éducation.

Ce qui est fâchant ce sont ces starlettes et TV-midinettes sur le retour qui s’agrippent sur de gros bonnets pour en retirer gloire, vengeance, compassion et argent. Le tout à retardement, car tant que leurs charmes pouvaient opérer, elles espéraient la promotion canapé. Elles l’avouent aujourd’hui «j’ai eu peur de perdre mon emploi». Tu parles ! Tu crois qu’on ne le sait pas combien c’est sexy un homme qui a du pouvoir ? Cendrillon a fait tellement de dégâts en te faisant croire au père Noël.

Il est indéniable que des abus se produisent et que des big-boss répondent plus qu’il ne faut aux minauderies qui les entourent. Mais ne viens pas te plaindre si tu as eu le culot de te présenter dans sa chambre d’hôtel «pour lui apporter un document» fort tard dans la nuit. Il y a des grooms pour ça. Si tu n’en es pas à ta first convention, tu dois connaître les conditions. Sinon tu dois te méfier encore plus. Crois-moi, si tu ne donnes pas prise, rien de ce que tu racontes ne peut arriver.

Quand la minijupe est apparue en 1960, il était trop tard. Les grand-mères faisaient déjà rire, qui souhaitaient enseigner aux jeunes filles comment s’asseoir ou se baisser. Cette gestuelle de bonnes manières ne se retrouve dès lors qu’à la cour d’Angleterre, et encore. Aujourd’hui on fait le buzz en montrant ses nichons quand ce n’est ni l’endroit, ni le moment. Pas étonnant que d’autres veuillent tâter la marchandise si bien exhibée et qu’ils ne sachent plus distinguer ni l’endroit, ni le moment. Les allumeuses, les aguicheuses (ou agace-pissettes en ce langage imagé typiquement québécois) qui s’offusquent des conséquences ou pire, qui entraînent d’autres pseudo-féministes dans leur sillage pour monter des associations que les gouvernements se trouvent obligés de soutenir, espèrent-elles vraiment convaincre tout le monde ? On connaît des putes bien plus honnêtes que ça. Et d’abord, comment appelle-t-on une fille qui se fait payer, même à retardement, en réclamant son dû à tue-tête ? Par ailleurs, lorsque les sommes réclamées sont révélées, on est en droit de se dire « un peu chère, la passe! » – Vous appelez cela dédommagement ? Pour dignité deux fois perdue alors? La fois où tu es montée dans sa chambre plus celle où tu l’as crié sur les toits, au lieu de rentrer chez toi en te disant bof ! j’ai fait une connerie, cela me servira de leçon.

Si elles n’obtiennent pas souvent justice les victimes auto-proclamées auront au moins joui de la chaleur des projecteurs pendant un moment, même si les dommages collatéraux feront ensuite l’effet d’une douche froide. Ont-elles un mari, des enfants, ces quinquas aux souvenirs cuisants ? Comment ça se passe à l’école? C’est vrai que ta maman s’est fait culbuter par le gars de la télé?

Il y a des aventurières, femmes reporters, qui se trouvent dans des milieux plus qu’hostiles et qui n’ont pas été violées ni même agressées. Aussi ne se promènent-elles pas en Afghanistan en minijupe et décolleté plongeant sur une poitrine augmentée. Elles ne traînent pas à la nuit dans les tentes des Talibans. Tellement plus nécessaire à l’humanité, leur liberté d’expression se situe bien au-delà du vêtement. Oui oui, il y a aussi les cas d’enlèvements et de prises d’otages. On en reparlera plus tard. Ne mélangeons pas tout s’il vous plaît.

À propos de l'auteur / Annie Depont

Parisienne installée au Québec depuis 2000. Peintre, Agente d’artistes, Organisatrice d’événements, Créatrice de l’En Verre du décor et céramiques, Les Sculpturales de Saint-Sauveur, Expo-culture Japon Québec, les Sainte-Saveurs de Saint-Sauveur, TracesMagazine, Directrice de La Semaine des Artisans de Laval. Journaliste très indépendante.

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