Vacarme

Est-ce à tort que l’on parle très peu d’une pollution pourtant si hypocrite, pernicieuse, insidieuse, cauteleuse, sournoise : la pollution par le bruit.

Les décibels s’accroissent et les moyens pour les réduire ne font pas partie intégrante, de façon automatique, des plans d’urbanisme. Bien que le mot bruit vienne du verbe bruire, signifiant faire entendre un son ou un murmure confus, l’intensité du bruit actuel est loin d’être un murmure.

Le son ou leçon

Que l’on pense à Paris : une mégapole pleine de beautés et d’histoires, la Ville Lumière est noyée par des vagues continuelles et intenses de sons agressants autant le jour que la nuit : sirènes de pompiers ou de policiers, motocyclettes, klaxons, autobus de transport en commun ou de tourisme, clameurs générales, construction. Saint-François de Sales a pourtant indiqué que «le bruit ne fait pas de bien, et le bien ne fait pas de bruit». Il existe même, à certaines occasions, où l’on incite les gens à faire encore plus de bruit comme le Grand Tintamarre acadien, au cours d’un concert rock ou pour soutenir son équipe de sport.

Plus tranquille à la campagne? Les tondeuses à gazon, les scies mécaniques, les motocross ou hors-bord ou motoneiges nous rappellent que la source du bruit est principalement l’œuvre de l’être humain. Bien qu’à un degré moindre de la vie urbaine, le bruit a aussi un impact dans les milieux ruraux nous empêchant d’entendre le gazouillis des oiseaux, le hululement des oiseaux de nuit, le coassement des grenouilles ou crapauds, le croassement des corneilles, le studulement des criquets sans oublier le son « tchip» des tamias.

Le degré de pollution

Les décibels qui mesurent l’intensité du bruit nous font mal. Pour comparer, un murmure mesure 40 décibels, une conversation normale 60, un klaxon 95, une moto 100, une sirène de voiture de policiers 120 (ce chiffre étant aussi le seuil de tolérance en décibels d’un être humain), un avion au décollage 140.

On fait aussi largement usage des écouteurs à haute performance pour écouter musique ou tous autres médias: toutefois, on s’oblige rarement à mettre la tonalité à un degré décent. Les plaintes des passagers de transport en commun sont un constat réel de ce problème. L’abus de décibels peut provoquer une surdité temporaire mais à long terme une surdité permanente. Pourquoi se priver d’un de nos cinq sens?

Les options pour diminuer les décibels sont pourtant multiples. S’entendre qu’avant ou après une certaine heure, toutes sources majeures de bruit doivent être éliminées; prendre conscience que toute action de notre part peut avoir une incidence directe sur le bruit ambiant: par exemple, la musique à plein régime ou l’utilisation intensive du klaxon.

Le bruit n’a jamais fait bonne lettre. Par exemple, Georges Bernanos nous a dit «qu`un seul mensonge fait plus de bruit que cent vérités.»  D’ailleurs, il y a un panneau routier à l’entrée de plusieurs municipalités dont Saint-Sauveur* qui dit clairement : «Réduisez le bruiiiiiiit».

*Saint-Sauveur dans les Laurentides, au Québec

Robert Riel

À propos de l'auteur / Robert Riel

Né à Montréal, Robert Riel mène une carrière de fonctionnaire comptable à Ottawa. Embrigadé dans les chiffres, il découvre les lettres à sa retraite et collabore avec Traces Magazine pendant sept ans. Il prête aussi sa plume à plusieurs journaux locaux. Ce fin observateur des phénomènes et comportements de société, sait les décrire tout en soulevant leur problématique avec humour.

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