1001 Pots – 1001 talents

Témoignage :

«Comme tant de jeunes céramistes, je rêvais de faire partie de cette exposition unique. Après quinze belles années de participation, je peux dire que 1001 Pots m’a permis de trouver des ami(e)s cher(e)s, des collègues enthousiastes et une clientèle fidèle. Kinya et Marie-Andrée (Ndlr : son épouse) ont su rassembler des passionnés de poterie, ont su émerveiller les grands comme les enfants, et surtout, ont su transmettre à nous autres petits potiers, cette idée que tout était possible… même dans un petit village… même dans nos petits ateliers. Merci !»

Marie-Joël Turgeon www.ateliertrema.com

Marie-Joël et son compagnon Jordan Lentik ont fait leur chemin, ils sont à la tête d’une entreprise florissante composée d’un immense atelier et d’une jolie boutique à Bedford. Ils fournissent autant des particuliers en quête d’objets uniques et élégants que plusieurs grands restaurateurs pour lesquels la présentation de leurs plats est aussi importante que la qualité des mets.

1001 Pots aura 33 ans en 2021 mais l’avenir est incertain, dû à la pandémie et au fait que la plus grande exposition de céramiques en Amérique du Nord change de mains. Rencontré dans son atelier de Val-David, le maître Kinya Ishikawa, créateur de cet événement annuel me dit qu’il souhaite de plus en plus se tenir dans sa bulle, s’en tenir à son métier de potier, qu’il chérit depuis 53 ans. Il veut aussi prendre le temps de peaufiner les plans de sa nouvelle maison, sur le terrain voisin – et dans le style – du jardin de silice.

Vous ne connaissez pas le Jardin de silice ? C’est une œuvre en soi, une ode à la céramique et à la nature, un endroit de mémoire, un sanctuaire. Ce n’est pas un jardin japonais, comme on pourrait s’y attendre vu l’origine de Kinya, c’est une création sans cesse en mouvement vers la complétude. « C’est une œuvre éphémère à long terme » dit-il. Des débris d’objets en céramique sont emprisonnés dans des colonnes et des murs de treillis métalliques sur lesquels se faufile une verdure presque sauvage. Les pots cassés s’entassent au fil des années et la première couche près du sol s’enfonce lentement. Le métal rouille et donne à l’ensemble une teinte de terre mouillée. L’ocre du potier.

Plafond de symboles par Jean Bisson Biscornet au Jardin de silice – photo : Annie Depont

Le plafond à ciel ouvert est un entrelacs de courbes en fil d’acier dans lesquelles le sculpteur de Val-David Jean Bisson Biscornet ajoute périodiquement diverses formes poético-symboliques. Une colombe, un tournesol, une main, un visage, un pot, un soleil, un feuillage en forme de cœur…«Tout ce qui est rectiligne, me confie-t-il, c’est Kinya qui l’a fait, tout ce qui est arrondi, c’est moi.» Les deux compères travaillent ensemble depuis longtemps. Leurs silences sont éloquents. Ils se sont trouvés et se complètent dans une mutuelle admiration. « Kinya me laisse entièrement libre, dit le sculpteur, il m’a permis de m’exprimer en travaillant de façon ludique. C’est un jardin joyeux, je m’y sens très bien. »

http://www.biscornet.com

Visite virtuelle du Jardin de silice

À propos de l'auteur / Annie Depont

Parisienne installée au Québec depuis 2000. Peintre, Agente d’artistes, Organisatrice d’événements, Créatrice de l’En Verre du décor et céramiques, Les Sculpturales de Saint-Sauveur, Expo-culture Japon Québec, les Sainte-Saveurs de Saint-Sauveur, TracesMagazine, Directrice de La Semaine des Artisans de Laval. Journaliste très indépendante.

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