Adulte en présence,enfant en confiance

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Pour être conscient, il faut être présent. Il suffit d’observer ce qui est là. Tenir compte de ce qu’il y a d’invisible. Tout n’apparaît pas par une observation directe, mais en ayant en tête le cercle de l’enfant. L’enfant est le centre d’un petit univers. Quelles sont ses planètes? Quelles sont ses lunes? Quels sont ses soleils? Son monde est unique. Il est unique.

Pour ce que je veux dire ici, on oublie les grilles d’observation, les tableaux de développement, les livres…pas qu’ils ne sont pas utiles, au contraire ils sont des outils indispensables. Par contre ici, c’est l’observation sans filtre que je propose. Dans l’instant tout frais, dans le moment partagé qui éclaire et apporte la lumière. Oui, c’est un rôle, un métier, être parent ou éducateur, mais c’est aussi la vie. Tout simplement.

Soyons des soleils!

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On dit que les jeunes enfants sont comme des éponges. Ils absorbent tout! Il sont de fins observateurs. Ils sont présents, ils voient. Ils nous voient, nous les adultes. Les adultes qui les aiment et qu’ils aiment. Nous sommes leurs modèles imparfaits. Et c’est parfait! Mais soyons des modèles, de grâce! ayons la volonté de devenir des êtres toujours meilleurs. Grandissons avec eux. Illuminons avec eux.

Soyons des jardiniers de lenfance!

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Ce n’est pas l’adulte qui fait entrer le savoir dans l’enfant, mais bien l’enfant qui se développe, fait des connexions. On ne tire pas sur une plante pour la faire pousser, on offre un bon environnement et les bons nutriments qui viennent d’une bonne terre. On la place à la fenêtre pour lui donner la lumière et la chaleur. Décider d’avoir un ou des enfants, choisir un métier d’éducation, vient avec une responsabilité. La responsabilité c’est de prendre soin en étant capable de se sortir de ses préoccupations et être simplement présent pour voir quel est le besoin de la plante. Plus d’eau, plus d’engrais ou plus de lumière? Puis ensuite être soi. Être la personne qu’on veut être. Et recevoir la personne qui est. C’est à dire d’humain à humain, petits et grands.

Observer lobservateur

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Poser le regard sur soi-même est un exercice obligatoire. Éduquer ce n’est rien d’autre que d’offrir un modèle et partager ses expériences avec passion. On partage avant tout la vie, le vivre ensemble.

Alors moi qui œuvre auprès des enfants, puis-je voir mes lacunes, mes limites, mes blessures, mes forces? Ai-je toutes les connaissances nécessaires pour comprendre la situation? Que me reste-t-il à apprendre sur le développement de l’enfant? Est-ce que je prends sur mon dos des stress qui ne m’appartiennent pas? Ou qui n’existent pas? Quel est mon niveau de tolérance? Est-ce que je peux voir mes réactions, voir ce qui me fait réagir? Quelles sont mes valeurs? Est-ce que je suis dans le jugement? Qu’est-ce qui teinte mes lunettes d’adulte? Est-ce que je mets des étiquettes? Comment puis-je être objective? Est-ce que je fais de mon mieux? Qu’est-ce que je veux pour moi-même? Qui je veux être? Ai-je besoin moi-même de soutien? Est-ce que j’offre aux enfants la meilleure version de moi-même? Et encore tant de prises de conscience à faire à chaque instant.

Voir le petit humain

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Bien sûr, il y’a les besoins primaires: manger, dormir, se vêtir… Pour le reste il y a mille choses à observer. Où en est-il dans son développement? Vit-il des défis à sa hauteur? Trop ou pas assez? Quelle émotion l’habite? Comment puis-je l’aider? Comment puis-je l’accueillir? Quel est son vécu? Qu’est-ce qui l’intéresse? Qu’est-ce que je peux partager avec lui? Qui est-il? Quels sont ses défis? Quelles sont ses forces? Puis-je les reconnaître, les apprécier? Est-ce que j’ai un regard juste sur lui? De quoi a-t-il soif?

Ces questions on ne se les pose pas toutes en même temps. En fait on n’a pas besoin de se les poser directement. En observant avec un regard juste, ce sont les réponses qui viennent. Prendre le temps de jouer avec lui, l’écouter, le regarder simplement avec curiosité et intérêt. C’est le temps qui nous permet d’avoir une vue d’ensemble. Un jour à la fois on voit quelque chose, on comprend. Quand on partage le quotidien avec un groupe on se donne le temps de voir les individus, mais aussi de voir les dynamiques du groupe, la cohésion, les besoins de l’ensemble. Il est probablement plus utile d’observer plus souvent que d’intervenir. Observer pour verser l’eau au bon moment, apporter la lumière au bon moment. On ne veut pas noyer la plante. On ne veut pas abîmer la tige fragile qui gagne en force. Changer le pot quand la plante grandit.

Ne cherchez rien! Faites simplement voir.

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Observer c’est voir ce qui est tel quel. C’est voir sans juger. Accueillir ce qui est, sans devoir mettre de qualificatif, simplement par un regard curieux. Nous n’avons pas besoin d’analyse, ni de se poser mille questions. Avec un regard juste l’ajustement se fait. Nos actions sont mieux orientées. On saura alors quels outils sont nécessaires. On trouvera l’information qui nous manque pour mieux cerner. On saura quoi offrir. On sera plus intuitif. C’est avec le temps et l’expérience qu’on y arrive. Gardez-vous un petit cahier au besoin pour noter quelques révélations épatantes. Vous serez étonnés de tout ce que le regard bienveillant peut dévoiler. Dans ce cheminement vers une vision plus claire, il faut savoir que l’indulgence envers soi est plus qu’essentielle. Elle est obligatoire. Le ressourcement, la méditation sont des alliés précieux. Adoptez la gratitude comme état d’esprit.

Je fais un voeu

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En fait, c’est un souhait que j’ai. Le souhait que le quotidien des enfants soit partagé avec des personnes intéressées, présentes, conscientes, des personnes prêtes à faire grandir l’humain en chacune d’elles, prêtes à reconnaître l’humain dans chacun des enfants.

Un jour à la fois, un pas à la fois. Il n’y a pas d’autre objectif que de passer une belle journée. Et une belle journée à la fois, toutes les journées seront belles. Même dans les obstacles, même dans les peines, la fatigue ou les défis. Elles seront belles parce que nous les aurons vues avec ce qu’elles ont à offrir. Nous aurons été témoins de l’épanouissement de soi et de l’enfance. Chacun à son rythme. Dans la bienveillance, en conscience, en lumière, humain à humain. Petits ou grands.

Retrouvez les conseils de Mélanie sur https://melanieetdominic.wordpress.com

À propos de l'auteur / Mélanie Chartrand

Éducatrice en petite enfance, Mélanie Chartrand est mère de deux adolescentes qui fréquentent maintenant la polyvalente après plusieurs années d'école à la maison. Passionnée par l'éducation, soucieuse de se perfectionner et d'évoluer en tant que personne, elle retourne aux études en 2017 et obtient un certificat en soutien pédagogique en milieu de garde (UQAM). Elle travaille depuis plus de vingt ans auprès des 0-5 ans, une clientèle qu'elle connaît bien puisque c'est la garde en milieu familial qu'elle privilégie avec la richesse du multiâge. Elle prend la vie avec philosophie. Artiste dans l'âme, elle s'adonne à la peinture dans ses temps libres et s'intéresse de plus en plus au domaine de l'art visuel.

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