Les fruits de l’exil

J’ai lu :

Les fruits de l’exil,

Roman

de Jacques Orhon

aux Éditions de l’homme

Comme dans son excellent ouvrage « Entre les vignes », paru en 2010, le premier roman de cet auteur prolifique se lit à plusieurs niveaux, mais cette fois, tout est entrelacé. :

Il y a l’intrigue, qui nous mène jusqu’aux dernières pages, cette recherche de vérité familiale souvent douloureuse, qu’adoucit une jolie histoire d’amour et une très belle conclusion.

En suivant cette saga, on vit les états d’âme de ces immigrants européens, entre résilience et résignation, leurs efforts et sacrifices pour s’intégrer à leur pays d’adoption, et l’exil fructueux.

On voyage beaucoup dans les plus beaux vignobles du monde, comme l’auteur dans sa vie réelle, ces visites étant émaillées de repas gastronomiques dont certains menus donnent des idées brillantes pour la Saint-Sylvestre…

Et l’on fait la connaissance des grands propriétaires et vignerons, créateurs des plus grands vins de France et d’ailleurs, sans oublier quelques heureuses découvertes.

Dans ce décor fabuleux de châteaux et domaines, les personnages du roman rencontrent les vrais artisans de la treille, tous passionnés et tenaces, à la recherche de « l’âme du vin ».

C’est un livre qui donne envie de partir à Madère, entre autres destinations ensoleillées, mais aussi de parcourir la France en pratiquant l’œnotourisme, en évitant les « agglutins » bien évidemment. C’est le canevas d’une belle série télévisée.

Outre l’histoire romanesque, on apprend, comme toujours avec Jacques Orhon, ce que l’on croit très bien savoir… savez-vous exactement ce que veut dire « Cru » dans l’expression un grand cru? – Que désignent les mots « constance » et « nuits » dans ces vers célèbres de Baudelaire :

Je préfère au constance, à l’opium, au nuits, // l’élixir de ta bouche où l’amour se pavane ?

(Si vous avez trouvé deux fautes d’orthographe, c’est que vous êtes dans le champ…)

Car il y a de la poésie dans ces pages, des chansons d’écri-vin et de l’amour aussi. Les deux personnages principaux que sont le patriarche Jorge et son petit-fils Stéphane jouissent d’un lien particulièrement intéressant et instructif dans l’œuvre de transmission.

Bref, je recommande ce roman aux hédonistes, aux curieux, aux poètes, aux gastronomes et à tous ceux qui considèrent la vie comme une longue dégustation, sans se prendre trop au sérieux.

Et permettez-moi ce petit clin d’œil au grand sommelier qu’est Jacques Orhon : j’ai eu un coup de foudre…

Annie Depont

À propos de l'auteur / Annie Depont

Parisienne installée au Québec depuis 2000. Peintre, Agente d’artistes, Organisatrice d’événements, Créatrice de l’En Verre du décor et céramiques, Les Sculpturales de Saint-Sauveur, Expo-culture Japon Québec, les Sainte-Saveurs de Saint-Sauveur, TracesMagazine, Directrice de La Semaine des Artisans de Laval. Journaliste très indépendante.

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