Traduire les lieux / Origines de Nancy R.Lange

Nancy Reichl Lange, auteure et poète québécoise, très active présidente fondatrice de R.A.P.P.E.L. Parole création, association d’auteurs dont le siège est à Laval, publie son treizième ouvrage : Traduire les Lieux, Origines aux Éditions de La Grenouillère, en format papier et numérique epub3, PDF et Kindle.

Ce livre est un délicieux petit cocktail d’images, de récits et de poésies. Il nous emmène dans les quartiers du Vieux Sainte-Rose et de Saint-Martin sur l’île de Laval, troisième plus grande agglomération du Québec et voisine de Montréal.

Petite histoire des lieux, rappel de faits historiques marquants et souvenirs personnels composent ce que l’auteure nomme ses « voyagements et poèmes ».

Sur fond blanc lumineux, la graphie aérée de l’ouvrage et les couleurs saturées des photos de l’excellent Robert Etcheverry forment une oeuvre très agréable à lire, à relire, à feuilleter au hasard par jeunes et moins jeunes, au gré des trouvailles sur la table du salon. Car il y a les livres que l’on range tout de suite dans la bibliothèque et ceux qu’on laisse traîner exprès, comme une invitation.

Nancy Lange nous offre ici une forme de conte poético-historique à la fois intime et instructif qui parle d’origines, de racines et d’appartenance avec une grande douceur. De souffrances et de résistance aussi. On se croirait parfois dans le monde de Fred Pellerin…on y croise pareillement des personnages attachants comme cette Laurette Charbonneau-Lacroix pour laquelle le plus beau des poèmes a été écrit : «La dame aux fleurs» et dont la grande  famille d’agriculteurs  fait partie de ces «chevaliers de la terre dont le royaume a l’envergure de l’indépendance». À propos, André-Benjamin Papineau et l’abbé Maxime Leblanc avaient-ils été amis ? «L’un sema des idées, l’autre sema des arbres. Les deux semèrent l’avenir!» jolie précision de l’auteure avec cette pointe très fine d’esprit qu’on retrouve au sujet d’une épidémie-rumeur favorisant les gros et tuant les petits. Honni soit qui mal y pense…

En écoutant la publication électronique, on découvrira peut-être ce devant quoi on est passé sans regard : les heures devenaient plus longues, comme si les horloges avaient coulé dans le miel et : Le feu du soir nous rameutait alors que les bâtons tendus au-dessus des braises créaient des embouteillages de guimauves. À la défense des étourdis, la version orale diffère de quelques iotas de la version écrite, privilège de l’artiste se permettant parfois de choisir un mot plus précis ou d’écourter un vers pour le rythme et la sonorité car dire un poème, c’est comme marcher sur l’air vers l’autre qui écoute…dit-elle dans un magnifique passage au sujet du café Le Signet. à Sainte-Rose.

Nancy R.Lange .Traduire les Lieux/Origines– Photos : Robert Etcheverry – Montréal, Les Éd. de la Grenouillère 2021 – 80 p.

À propos de l'auteur / Annie Depont

Parisienne installée au Québec depuis 2000. Peintre, Agente d’artistes, Organisatrice d’événements, Créatrice de l’En Verre du décor et céramiques, Les Sculpturales de Saint-Sauveur, Expo-culture Japon Québec, les Sainte-Saveurs de Saint-Sauveur, TracesMagazine, Directrice de La Semaine des Artisans de Laval. Journaliste très indépendante. Écrivaine en devenir...son premier roman «Fanny, les ailes sur le sol» sortira cet automne en France et au Canada.

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Un commentaire

  • Merci pour cette chronique sensible et inspirée qui a su saisir maints détails et les rendre avec éloquence. (Nancy R Lange)

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